Douleur sur le côté de la hanche : la tendinopathie des fessiers

Douleur sur le côté de la hanche : la tendinopathie des fessiers

Vous avez mal sur le côté de la hanche quand vous dormez sur ce côté, montez un escalier ou restez longtemps debout ? Cette douleur sur le côté de la hanche vient très souvent des tendons des fessiers. On parlait autrefois de « bursite », on parle aujourd’hui de tendinopathie des fessiers. Sa prise en charge repose d’abord sur des conseils et des exercices progressifs.

  • La tendinopathie des fessiers est une surcharge des tendons qui s’attachent sur la bosse osseuse du côté de la hanche.
  • Signes typiques : douleur à l’appui sur cette bosse, en position couchée sur le côté, debout sur une jambe ou dans les escaliers.
  • L’exercice associé à des conseils est le traitement de première intention, et les études montrent qu’il aide davantage dans la durée que l’infiltration.
  • Une douleur de l’aine, une chute ou l’impossibilité de marcher doivent faire consulter un médecin.

Qu’est-ce que la tendinopathie des fessiers ?

Le moyen et le petit fessier stabilisent le bassin à chaque pas. Leurs tendons s’attachent sur le grand trochanter, la bosse osseuse que vous sentez sur le côté de la hanche. Une douleur à cet endroit est souvent appelée « syndrome douloureux du grand trochanter » : ce nom regroupe la tendinopathie des fessiers et l’irritation de la petite poche de glissement voisine, la bourse.

Le tendon n’aime ni la surcharge brutale ni la compression répétée. La douleur apparaît souvent après un changement : plus de marche, de la course en côte, une reprise de sport, ou au contraire une période de moindre activité.

C’est la tendinopathie la plus fréquente du membre inférieur. Elle touche nettement plus les femmes que les hommes, avec un âge moyen proche de 54 ans dans les études1. Pour mieux comprendre ce qui se passe dans un tendon, lisez notre article sur la tendinite et la kinésithérapie.

Les symptômes

  • Une douleur sur le côté de la hanche, parfois vers la fesse ou le côté de la cuisse, rarement jusqu’au genou.
  • Une douleur la nuit quand vous êtes couché sur ce côté, parfois aussi de l’autre côté.
  • Une gêne en station debout sur une jambe, en appui sur une hanche.
  • Une douleur à l’effort : escaliers, marche rapide, côtes, course.
  • Une douleur quand on appuie sur la bosse osseuse.

Quand consulter un médecin ?

Consultez rapidement un médecin ou appelez le 15 selon la gravité si :

  • vous avez chuté et ne pouvez plus vous appuyer sur la jambe ;
  • la douleur se situe surtout dans l’aine, ce qui évoque plutôt l’articulation de la hanche ;
  • vous êtes coureur et la douleur de hanche ou d’aine augmente à l’effort : une fracture de fatigue doit être écartée ;
  • vous avez de la fièvre, une hanche chaude et rouge, ou des douleurs nocturnes qui ne dépendent pas de la position ;
  • vous ressentez des fourmillements ou une perte de force dans la jambe, ou une douleur venant du bas du dos ;
  • la force de la hanche chute nettement : vous boitez ou le bassin bascule à chaque pas.

Le médecin confirme le diagnostic et peut prescrire les séances de kinésithérapie, ce qui permet leur remboursement.

Comment pose-t-on le diagnostic ?

L’examen clinique apporte beaucoup. Chez une personne qui a mal sur le côté de la hanche, deux tests simples orientent bien : la palpation du tendon et l’écartement de la jambe contre résistance. S’ils sont tous les deux positifs, le diagnostic devient très probable ; s’ils sont tous les deux négatifs, il devient peu probable2. L’intérêt de l’IRM reste débattu. Une imagerie est surtout utile en cas de doute, ou si une déchirure du tendon est suspectée.

Ce que fait le kiné

L’exercice est recommandé en première intention. Il réduit un peu la douleur et améliore la fonction à long terme par rapport à un groupe témoin, et plus de patients se disent améliorés qu’après une infiltration de corticoïdes3. L’association exercices et conseils a un effet moyen à court terme, plus modeste ensuite4. Ces résultats reposent sur peu d’essais, et leur niveau de certitude varie selon les revues5. Il faut donc être patient et régulier.

1. Comprendre et réduire la compression

Ces conseils, largement utilisés, visent à soulager le tendon au quotidien, même si leur effet propre a été peu évalué :

  • évitez de vous tenir en appui sur une hanche ;
  • évitez de croiser les jambes ;
  • couché sur le côté, glissez un coussin entre vos genoux, ou dormez sur l’autre côté ;
  • limitez un temps les grandes côtes et les étirements de la fesse qui réveillent la douleur.

2. Renforcer progressivement

On commence par des contractions statiques, sans douleur vive. Le programme évolue vers des exercices debout : pont, montée sur une marche, squat, travail sur une jambe. La charge augmente selon votre réponse, en observant la douleur pendant l’exercice et le lendemain.

3. Stabilisation et contrôle moteur

Le but est de contrôler le bassin à la marche, dans les escaliers et en course. Votre kiné travaille la proprioception, l’équilibre sur une jambe et la mobilité articulaire active de la hanche. Une analyse du mouvement peut aider à repérer ce qui surcharge la hanche.

4. Les autres options

Si la douleur reste importante, le médecin peut discuter une infiltration, dont l’effet sur la douleur est plutôt de courte durée, ou des ondes de choc, qui montrent des résultats encourageants4. La chirurgie concerne surtout les déchirures du tendon, avec des preuves encore limitées1.

Combien de temps et que faire au quotidien ?

Une tendinopathie évolue lentement : comptez en général plusieurs semaines pour sentir une nette amélioration, parfois plusieurs mois pour retrouver toutes vos activités. La douleur peut fluctuer, sans que cela signifie un retour en arrière.

  • Restez actif : gardez la marche ou le vélo si la douleur reste supportable et se calme le lendemain.
  • Augmentez vos charges progressivement, sans changer plusieurs paramètres à la fois.
  • Répartissez la marche en plusieurs petites sorties si les longues sorties réveillent la douleur.
  • Poursuivez vos exercices une fois soulagé pour limiter les récidives.

Douleur de hanche à Paris 16 : comment nous vous accompagnons

Au cabinet PhysioActiv, rue Chardon-Lagache, le bilan commence par votre histoire : ce qui déclenche la douleur, votre sommeil, vos activités. Nous construisons ensuite un programme d’exercices, de stabilisation et de conseils pratiques à poursuivre chez vous, à votre rythme.

Hugo Madoux, qui prend en charge les problèmes tendineux et la rééducation de la hanche, fait partie de notre équipe. Le cabinet est facile d’accès depuis tout le quartier d’Auteuil.

Questions fréquentes

Faut-il étirer la fesse quand on a mal sur le côté de la hanche ?

Pas forcément. Certains étirements appuient le tendon contre l’os et peuvent réveiller la douleur. Mieux vaut demander à votre kiné quels mouvements garder pour l’instant.

Est-ce une bursite ou une tendinopathie ?

Les deux peuvent coexister. Le problème vient le plus souvent des tendons, et la prise en charge active reste la même. Le terme « syndrome douloureux du grand trochanter » regroupe ces situations.

Comment dormir avec une douleur sur le côté de la hanche ?

Dormez sur le dos ou sur le côté non douloureux, avec un coussin entre les genoux. Si la nuit reste difficile, parlez-en à votre kiné : les positions se cherchent au cas par cas.

Une infiltration est-elle meilleure que les exercices ?

Elle peut calmer la douleur à court terme, mais son effet ne dure pas toujours. Les exercices demandent plus de temps et aident davantage de patients à se sentir mieux dans la durée. Parlez-en avec votre médecin.

Références scientifiques

  1. Ladurner A, Fitzpatrick J, O'Donnell JM. Treatment of Gluteal Tendinopathy: A Systematic Review and Stage-Adjusted Treatment Recommendation. Orthop J Sports Med. 2021;9(7):23259671211016850. PubMed
  2. Kinsella R, Semciw AI, Hawke LJ, et al. Diagnostic Accuracy of Clinical Tests for Assessing Greater Trochanteric Pain Syndrome: A Systematic Review With Meta-analysis. J Orthop Sports Phys Ther. 2024;54(1):26-49. PubMed
  3. Kjeldsen T, Hvidt KJ, Bohn MB, et al. Exercise compared to a control condition or other conservative treatment options in patients with Greater Trochanteric Pain Syndrome: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Physiotherapy. 2024;123:69-80. PubMed
  4. Bremer T, Nicklen P, Fearon A, et al. The efficacy of gluteal tendinopathy treatments: A systematic review. Clin Rehabil. 2025;39(5):600-617. PubMed
  5. Patricio Cordeiro TT, Rocha EAB, Scattone Silva R. Effects of exercise-based interventions on gluteal tendinopathy. Systematic review with meta-analysis. Sci Rep. 2024;14(1):3343. PubMed
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