Pubalgie du sportif : symptômes, causes et rééducation

Pubalgie du sportif : symptômes, causes et rééducation

Une gêne à l’aine en début de séance, qui s’efface à l’échauffement puis revient plus fort le lendemain : la pubalgie du sportif s’installe souvent ainsi, à bas bruit. Elle touche surtout les sports avec sprints, frappes et changements de direction. Bonne nouvelle : la rééducation active est le premier traitement à envisager.

  • La pubalgie désigne une douleur de l’aine ou du pubis, souvent liée à une surcharge des adducteurs, des abdominaux ou de la zone du pubis.
  • Les exercices actifs donnent de meilleurs résultats que les soins passifs utilisés seuls.
  • Toute douleur de l’aine n’est pas une pubalgie : hanche, hernie ou fracture de fatigue doivent être écartées si le doute existe.
  • La chirurgie se discute surtout après l’échec d’une rééducation bien conduite.

Qu’est-ce que la pubalgie du sportif ?

« Pubalgie » n’est pas un diagnostic précis, mais un mot qui regroupe plusieurs causes de douleur autour du pubis. Cette zone est un carrefour : les adducteurs (les muscles de l’intérieur de la cuisse) tirent vers le bas, les abdominaux vers le haut. À chaque frappe, sprint ou appui décalé, le pubis encaisse ces forces opposées.

Quand la charge dépasse la capacité d’adaptation des tissus, la douleur s’installe. Elle peut venir surtout des adducteurs, de la paroi basse de l’abdomen (on parle parfois de « hernie du sportif »), ou de l’articulation du pubis elle-même. Les facteurs de risque les plus réguliers sont :

  • Un antécédent de blessure à l’aine ;
  • Un manque de force excentrique des adducteurs, c’est-à-dire de leur capacité à freiner le mouvement ;
  • Une rotation de hanche limitée ;
  • Une préparation insuffisante avant la saison.

Ces résultats restent à prendre avec prudence : les études sont de qualité faible à modérée et portent sur des hommes1.

Les symptômes

  • Une douleur à l’aine ou au-dessus du pubis, parfois vers l’intérieur de la cuisse ou le bas du ventre.
  • Une douleur déclenchée par l’effort : frappe de balle, sprint, changement de direction, abdominaux.
  • Une raideur au réveil ou le lendemain de l’effort.
  • Une gêne au quotidien dans les formes installées : se lever du lit, sortir de voiture, parfois tousser.

Quand consulter un médecin ?

Consultez un médecin si la douleur persiste plus de quelques semaines, ou rapidement si :

  • la douleur est apparue d’un coup, avec un claquement, et vous empêche de marcher normalement ;
  • vous remarquez une boule à l’aine ou un gonflement du testicule ;
  • vous courez et ressentez une douleur profonde de l’aine ou de la hanche : une fracture de fatigue du col du fémur doit être écartée, et il faut arrêter la course en attendant l’avis médical ;
  • votre hanche se bloque ou vous fait mal en profondeur ;
  • la douleur persiste au repos ou la nuit, ou s’accompagne de fièvre, de troubles urinaires ou d’une perte de poids.

Le médecin précise le diagnostic, demande une imagerie si besoin et peut prescrire les séances de kinésithérapie, ce qui permet leur remboursement.

La rééducation chez le kiné

Pour les pubalgies liées aux adducteurs, les études montrent que les exercices actifs réussissent mieux que les traitements passifs, et qu’une prise en charge associant techniques manuelles et exercices peut raccourcir le délai de retour au sport2. Soyons honnêtes : seule une petite partie de cette littérature est de haute qualité. On ne sait donc pas encore quel programme est le meilleur.

1. Le bilan

Votre kinésithérapeute cherche d’abord d’où vient la douleur. Deux éléments distinguent bien les sportifs douloureux : la douleur et le manque de force quand on serre les genoux contre une résistance, et une mobilité de hanche réduite3. Il teste aussi les abdominaux, les fessiers, et regarde vos appuis.

2. Doser la charge

Arrêter complètement n’est pas toujours nécessaire. On retire ce qui fait mal (frappes, sprints, changements de direction) et on garde ce qui est toléré : vélo, natation sans brasse, renforcement adapté.

3. Renforcer progressivement

Le travail commence souvent par des contractions statiques, par exemple serrer un ballon entre les genoux. Il évolue vers des exercices plus exigeants : gainage latéral type « Copenhague », fentes, puis mouvements rapides. Les abdominaux et les fessiers font partie du programme.

4. Mobilité, stabilisation et contrôle moteur

Si la hanche manque de rotation, le pubis compense. Des exercices de mobilité articulaire active peuvent aider à récupérer une hanche plus libre et mieux contrôlée. S’y ajoutent des exercices sur une jambe, de la proprioception et de la stabilisation du bassin.

5. Le retour au terrain

La course revient d’abord en ligne droite, puis avec des virages, des appuis et enfin des frappes. On vise des critères concrets : plus de douleur au test de serrage, force retrouvée, gestes du sport tolérés le lendemain. Nous détaillons cette étape dans notre article sur la reprise du sport après une blessure.

Combien de temps, et faut-il opérer ?

La durée varie selon l’ancienneté de la douleur et le sport : comptez souvent plusieurs semaines, parfois quelques mois pour une pubalgie installée. Il n’existe pas de délai garanti.

Les exercices aident à soulager les symptômes et à reprendre le sport, même si les programmes étudiés sont souvent mal décrits4. La chirurgie reste une option : elle permet parfois un retour plus rapide, mais le traitement sans opération doit être envisagé d’abord5. Pour la « hernie du sportif », des preuves modérées indiquent qu’elle donne de meilleurs résultats que le traitement conservateur2. La décision revient à votre médecin ou à votre chirurgien.

Prévenir la pubalgie

Les études suggèrent que les exercices réduisent le risque de blessure à l’aine, mais ces preuves restent limitées4. Quelques principes de bon sens :

  • Soignez votre préparation avant la saison, sans reprendre les frappes et les sprints d’un coup.
  • Renforcez vos adducteurs une à deux fois par semaine, en plus des abdominaux.
  • Entretenez la mobilité de vos hanches, surtout en rotation.
  • Prenez au sérieux les petites gênes : allégez tôt plutôt que de jouer à travers la douleur.
  • Poursuivez les exercices après la reprise, surtout si vous avez déjà eu mal à l’aine.

Pubalgie à Paris 16 : comment nous vous accompagnons

Au cabinet PhysioActiv, rue Chardon-Lagache, nous commençons par un bilan complet de la hanche, du bassin et de vos appuis. La kiné du sport associe ensuite renforcement progressif, travail de stabilisation, techniques manuelles si elles sont utiles et reprise encadrée de votre sport.

Maxime Bugeon, qui assure le suivi de sportifs et la rééducation de la hanche, fait partie des kinés qui peuvent vous accompagner. Nous recevons des sportifs du 16e arrondissement et de Boulogne-Billancourt, à deux pas du cabinet.

Questions fréquentes

Peut-on continuer le sport avec une pubalgie ?

Souvent oui, mais pas n’importe comment. On réduit les gestes qui font mal et on garde les activités indolores, le temps de renforcer la zone. Votre kiné vous aide à trouver le bon dosage.

La pubalgie guérit-elle avec le repos seul ?

Le repos calme souvent la douleur, mais la gêne peut revenir à la reprise si la force et la mobilité n’ont pas progressé. C’est pourquoi un travail actif et progressif est conseillé.

Faut-il faire une IRM ?

Pas systématiquement. L’imagerie aide surtout quand le diagnostic est incertain, quand une lésion importante est suspectée ou quand la douleur persiste malgré la rééducation. C’est votre médecin qui en décide.

Les femmes sont-elles concernées par la pubalgie ?

Oui, même si la pubalgie est surtout étudiée chez les hommes. Une douleur de l’aine chez une sportive justifie le même bilan, et le médecin peut aussi rechercher une cause gynécologique.

Références scientifiques

  1. Martins TB, Martins TB, Migliorini F, et al. Risk Factors Associated with Groin Pain in Athletes: A Systematic Review. Life (Basel). 2025;15(11):. PubMed
  2. Serner A, van Eijck CH, Beumer BR, et al. Study quality on groin injury management remains low: a systematic review on treatment of groin pain in athletes. Br J Sports Med. 2015;49(12):813. PubMed
  3. Mosler AB, Agricola R, Weir A, et al. Which factors differentiate athletes with hip/groin pain from those without? A systematic review with meta-analysis. Br J Sports Med. 2015;49(12):810. PubMed
  4. Charlton PC, Drew MK, Mentiplay BF, et al. Exercise Interventions for the Prevention and Treatment of Groin Pain and Injury in Athletes: A Critical and Systematic Review. Sports Med. 2017;47(10):2011-2026. PubMed
  5. Serafim TT, Oliveira ES, Migliorini F, et al. Return to sport after conservative versus surgical treatment for pubalgia in athletes: a systematic review. J Orthop Surg Res. 2022;17(1):484. PubMed
Prendre rendez-vous