Entorse du genou : ligament latéral interne et rééducation

Entorse du genou : ligament latéral interne et rééducation

Un choc sur l’extérieur du genou au foot, une chute à ski, un pied qui reste planté pendant que le corps tourne : l’entorse du genou touche souvent le ligament latéral interne. Cette blessure inquiète, surtout quand le genou « lâche ». Pourtant, lorsqu’elle est isolée, elle se soigne le plus souvent sans chirurgie, avec une rééducation bien conduite. Voici comment la reconnaître et comment la prendre en charge.

  • Le ligament latéral interne, aussi appelé ligament collatéral médial, empêche le genou de partir vers l’intérieur.
  • La plupart des entorses isolées de ce ligament se traitent sans opération, grâce à une rééducation guidée par un kiné.
  • Genou très gonflé, blocage, impossibilité de faire quatre pas ou douleur sur l’os : consultez rapidement un médecin.
  • Renforcement, proprioception et contrôle du mouvement préparent le retour progressif aux appuis et au sport.

Qu’est-ce qu’une entorse du genou ?

Une entorse est un étirement ou une déchirure d’un ligament. Le ligament latéral interne se trouve sur la face interne du genou et relie le fémur au tibia. Il se blesse quand le genou est forcé vers l’intérieur, par un choc ou lors d’une torsion. On l’abrège parfois LLI, ou MCL en anglais.

On distingue classiquement trois niveaux de gravité :

  • Stade 1 : le ligament est étiré, le genou reste stable et la douleur se situe à l’intérieur du genou.
  • Stade 2 : le ligament est partiellement déchiré, la douleur et le gonflement sont plus nets, et une légère laxité peut apparaître.
  • Stade 3 : le ligament est complètement rompu, le genou manque de stabilité. D’autres structures sont alors plus souvent touchées, comme le ligament croisé antérieur ou un ménisque.

Les symptômes et les premiers réflexes

La douleur se situe surtout sur la face interne du genou. Elle augmente quand on appuie à cet endroit ou quand on tourne sur la jambe. Un gonflement localisé, un hématome et une sensation de fragilité sont fréquents.

Les premiers jours, protégez votre genou sans l’immobiliser complètement. Réduisez les appuis douloureux, utilisez des béquilles si nécessaire, surélevez la jambe au repos et appliquez du froid, protégé par un linge, si cela vous soulage. Reprenez la marche dès que la douleur le permet, sans forcer.

Quand consulter un médecin ?

Consultez rapidement un médecin, ou les urgences, si :

  • vous ne pouvez pas faire quatre pas, même en boitant, ou plier le genou à angle droit ;
  • la pression sur la rotule ou sur la tête du péroné, à l’extérieur du genou sous l’articulation, est très douloureuse ;
  • le genou a gonflé fortement et rapidement, s’est déboîté, se bloque ou se dérobe ;
  • vous avez entendu un claquement, ou le pied devient froid, pâle ou insensible ;
  • le mollet est gonflé, chaud et douloureux, ou vous avez de la fièvre.

Le médecin examine votre genou et décide des examens utiles. Des règles cliniques simples l’aident à écarter une fracture chez l’adulte, sans radiographie systématique.1 L’IRM peut confirmer la lésion du ligament interne et rechercher d’autres atteintes, même si elle ne prédit pas toujours précisément la laxité du genou.2 Il peut aussi vous prescrire les séances de kinésithérapie, ce qui permet leur remboursement.

Comment se soigne une entorse du ligament interne ?

La majorité des entorses isolées des ligaments latéraux se traite sans chirurgie, avec une rééducation encadrée.3 Une revue systématique portant sur 1912 patients indique que, pour les stades 1 et 2, l’appui et la marche sont généralement repris tôt, selon la tolérance, avec des exercices de renforcement. Elle souligne aussi les limites des connaissances : la plupart des études sont anciennes, peu détaillées, et l’usage d’une attelle varie beaucoup d’une équipe à l’autre.4 Il n’existe donc pas de protocole unique : votre prise en charge s’adapte à votre examen et à votre évolution.

La situation est différente quand le ligament interne est blessé avec le ligament croisé antérieur. Dans ces lésions associées, une méta-analyse n’a pas montré de différence nette entre un ligament interne traité sans chirurgie et un ligament opéré sur la fonction ressentie, l’amplitude ou la force du quadriceps. La chirurgie du ligament interne se discute surtout s’il reste une laxité après une période de rééducation, ou pour certaines lésions par arrachement.5 Notre article sur la rééducation du ligament croisé détaille cette prise en charge.

La rééducation chez le kiné, étape par étape

Ces étapes décrivent une progression habituelle en kinésithérapie, plus qu’un protocole validé : leur rythme dépend de la douleur, du gonflement et de l’examen.

1. Le bilan

Votre kinésithérapeute évalue la douleur, le gonflement, l’amplitude, la force de la cuisse, la marche et l’équilibre. Il recherche aussi les signes d’une atteinte associée. Si un élément l’inquiète, il vous réoriente vers le médecin.

2. Calmer le genou et retrouver l’amplitude

Le premier objectif est de limiter le gonflement et de récupérer la flexion et l’extension. Des mobilisations douces et des exercices simples, comme plier le genou en glissant le talon, y contribuent.

3. Renforcer les muscles

Le quadriceps s’affaiblit vite après une blessure du genou. Le renforcement progresse des contractions sans charge vers le vélo, les presses, les montées de marche et les squats, en y associant les ischio-jambiers, les fessiers et les mollets.

4. Proprioception et contrôle du mouvement

La proprioception est la capacité du corps à sentir la position du genou sans le regarder. Le travail commence par l’équilibre sur deux jambes, puis sur une jambe, sur sol stable puis instable. On apprend ensuite à contrôler le genou pendant les fentes, les squats sur une jambe et les réceptions de saut, pour éviter qu’il ne rentre vers l’intérieur. Les exercices de mobilité articulaire active complètent ce travail, en vous apprenant à contrôler la hanche, le genou et la cheville sur toute leur amplitude.

5. Reprendre le sport

En fin de parcours, vous reprenez la course, les pas chassés, les changements de direction et les gestes de votre sport. La reprise se décide sur des critères concrets : plus de douleur à l’effort, genou stable, force et équilibre proches de l’autre côté, confiance retrouvée.

Combien de temps dure la guérison ?

La durée varie selon le stade, votre sport et la présence d’autres lésions. Une entorse légère permet souvent de retrouver ses activités en quelques semaines. Une entorse plus sévère demande en général plusieurs semaines à quelques mois. Ces repères restent indicatifs : votre kinésithérapeute ajuste le plan après le bilan.

Conseils pour protéger votre genou

  • Allez au bout de la rééducation, même si la douleur a disparu.
  • Entretenez votre force et votre équilibre, avec quelques exercices réguliers.
  • Préparez vos saisons : notre article sur la préparation des genoux au ski propose des idées concrètes.

Entorse du genou à Paris 16 : notre accompagnement

Au cabinet PhysioActiv, rue Chardon-Lagache, nous accompagnons les entorses du genou de la phase douloureuse jusqu’au retour au sport. Chaque prise en charge commence par un bilan, puis associe travail de mobilité, renforcement, proprioception et, si besoin, techniques manuelles.

Plusieurs kinésithérapeutes du cabinet suivent ces blessures, dont Hugo Madoux, qui intervient en kinésithérapie du sport et en rééducation du genou.

Questions fréquentes

Peut-on marcher avec une entorse du genou ?

Oui, dans la plupart des entorses isolées du ligament interne, la marche est reprise dès que la douleur le permet, avec des béquilles au début si besoin. Si vous ne pouvez pas faire quatre pas ou si le genou se dérobe, consultez d’abord un médecin.

Faut-il une attelle pour une entorse du genou ?

Pas toujours. Les pratiques varient et les preuves sont limitées sur ce point. Le médecin décide d’une attelle et de sa durée selon la gravité de l’entorse et la stabilité du genou.

Faut-il opérer une entorse du ligament latéral interne ?

Le plus souvent, non, lorsque la lésion est isolée. La chirurgie se discute surtout dans certaines ruptures graves ou lorsque d’autres ligaments sont touchés. C’est une décision à prendre avec un chirurgien orthopédiste.

Références scientifiques

  1. Sims JI, Chau MT, Davies JR. Diagnostic accuracy of the Ottawa Knee Rule in adult acute knee injuries: a systematic review and meta-analysis. Eur Radiol. 2020;30(8):4438-4446. PubMed
  2. Meyer P, Reiter A, Akoto R, et al. Imaging of the medial collateral ligament of the knee: a systematic review. Arch Orthop Trauma Surg. 2022;142(12):3721-3736. PubMed
  3. Wall C, Byrnes J, Botha L, et al. Acute sport-related knee injuries. Aust J Gen Pract. 2023;52(11):761-766. PubMed
  4. Svantesson J, Piussi R, Weissglas E, et al. Shedding light on the non-operative treatment of the forgotten side of the knee: rehabilitation of medial collateral ligament injuries-a systematic review. BMJ Open Sport Exerc Med. 2024;10(2):e001750. PubMed
  5. Shultz CL, Poehlein E, Morriss NJ, et al. Nonoperative Management, Repair, or Reconstruction of the Medial Collateral Ligament in Combined Anterior Cruciate and Medial Collateral Ligament Injuries-Which Is Best? A Systematic Review and Meta-analysis. Am J Sports Med. 2024;52(2):522-534. PubMed
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